
S’il était difficile de ne pas porter attention à la récente publication de Kulturindustrie, ce n’est pas tant parce que la présentation du projet Strabic met en exergue une phrase d’Adorno, qu’en raison de la filiation du design, depuis la fin du XIXe siècle, à la culture industrielle. Ce texte écrit par Adorno et Horkheimer a été publié pour la première fois aux Pays-Bas en 1947. En France, il n’avait pas été republié depuis près de 40 ans.
La thèse centrale que défendent les théoriciens de l’École de Francfort est la suivante : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masses, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.