Roberto Burle-Marx, curieux moderne

Image : mIsirac

Réjouissante découverte, ou redécouverte que ce « burlesque-marxiste » comme il se définit lui-même, paysagiste mais surtout peintre, sculpteur, chanteur, musicien, céramiste, joaillier et tapissier entre autres, qui se découvrira profondément brésilien au fond d’une serre tropicale allemande ! Des mythiques pavés de Copacabana aux jardins chatoyants ourlant les Petronas Tower à Kuala Lumpur, en passant par l’aménagement paysager de l’utopique Brasilia, « C’est en peintre qu’il aborde la question du jardin » comme le dit Mario Pedrosa. Se servant de boutures comme de pigments, ses nombreux dessins de jardins exposés pourraient effectivement être de pures compositions modernes, et ses espaces très construits accompagnant les bâtiments de Niemeyer ou Le Corbusier semblent suivre la vision de la Charte d’Athènes.


Image : thefuturistics

Mais il y a un mais, cet artiste pose question par la très forte sensualité que ses compositions dégagent, ses ondoyantes couleurs et son désir « d’estomper l’architecture » : comme le dit Gilles Clément dans l’exposition il paraît « infiniment plus proche de la complexité humaine » que les puristes Niemeyer ou Costa, ses contemporains. Prônant les plantes indigènes dans tout projet, refusant les modèles des jardins européens et engageant une recherche botanique sur les spécimens tropicaux, la relecture contemporaine de cet artiste est riche d’enseignements. Une grande et diversifiée documentation plonge rapidement le visiteur dans cet univers enjoué. Laissons-nous emporter par cette jubilation qui traverse les siècles !

Image : Marcio Cabral de Moura

« Roberto Burle-Marx, la permanence de l’instable », du 23 mars au 24 juillet 2011 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Palais de Chaillot, tous les jours de 11h à 19h sauf le mardi.

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